Réduire vos dépenses de commerce électronique: une approche pratique

Afin de maximiser la rentabilité d’un site de vente en ligne, il est très utile de réviser périodiquement ses dépenses pour s’assurer qu’elles sont toujours appropriées. Voici un aperçu de l’approche que j’utilise et des conseils qui, je l’espère, vous aideront à réduire vos dépenses.

S’attaquer aux dépenses où on peut avoir le plus grand impact

La loi de Pareto (loi du 80-20) nous dit que 80% des économies pourront être réalisées avec 20% des efforts. Il est donc utile de canaliser son énergie sur les dépenses où notre impact potentiel est le plus grand, en n’oubliant pas qu’une réduction de coût de 50% pour une dépense minime est beaucoup moins intéressante qu’une réduction de 2% sur une dépense majeure, à effort comparable.

Je vous invite à consulter votre état des résultats pour déterminer quelles sont vos principales catégories de dépenses. Analysez ensuite chacune d’entre elles.

Voici quelques éléments à considérer pour certaines des catégories de dépenses les plus courantes chez les détaillants en ligne (exception faite du coût des marchandises vendues):

Salaires

Demandez-vous si chaque personne contribue à son plein potentiel, et si les tâches que vous donnez à vos employés sont véritablement nécessaires.

Si vos employés doivent manuellement retranscrire des informations d’un système à un autre (données d’inventaire, commandes, adresses d’expédition, données comptables, etc.) et que votre volume le justifie, pensez à intégrer les systèmes pour réduire le travail. Certaines intégrations peuvent être réalisées à peu de frais et éliminer des dizaines d’heures de travail répétitif par mois.

Frais d’expédition

À moins que vous ne vendiez que des produits numériques, les frais d’expédition font vraisemblablement partie de vos principales dépenses. Dans ce domaine, il est important de négocier avec différentes compagnies d’expédition afin de payer les meilleurs prix. Si vous obtenez une réduction de 10% de vos frais d’expédition et que ceux-ci représentent 10% de vos ventes, vous aurez augmenté vos profits de 1%. J’écrirai un billet plus détaillé sur la question prochainement, mais voici déjà quelques trucs:

Négociez. Si votre volume d’expédition a doublé depuis votre dernière négociation de tarifs, il y a de bonnes chances que vous soyez maintenant éligible à des rabais supplémentaires, à condition de les demander. Voyez ce que Postes Canada, Fedex, UPS et les autres ont à vous offrir, et relancez chaque compagnie en fonction des autres offres que vous recevez si votre volume en vaut la peine. N’hésitez pas non plus à vendre vos perspectives de croissance à votre représentant: même si votre volume actuel est faible, il sera plus enclin à vous donner des rabais s’il croit que ce volume est appelé à augmenter rapidement. Après tout, c’est plus simple pour lui de vous donner un rabais supplémentaire maintenant que d’essayer de vous regagner dans le futur, alors que vous êtes avec un compétiteur.

Utilisez plus d’un fournisseur. Postes Canada offre un service intéressant pour les livraisons résidentielles, mais il se peut qu’une compagnie privée (UPS/Fedex/autre) ait une offre beaucoup plus intéressante que Postes Canada pour les livraisons commerciales ou pour les colis en-haut d’un certain poids. Dans ces cas, vous pourriez économiser en faisant affaire avec deux ou trois compagnies de livraison et en sélectionnant la plus appropriée pour chaque commande. Sachez par contre qu’en faisant cela, vous réduirez votre volume de livraisons avec votre expéditeur principal, ce qui pourrait vous empêcher d’avoir accès à certaines réductions basées sur le volume.

Analysez votre facture. Je détaillerai les éléments à considérer dans un prochain billet, mais sachez que les surcharges diverses (frais de carburant, assurances, signatures, poids volumétriques, etc.) peuvent représenter une partie importante de votre facture et que vous avez du contrôle sur certaines d’entre elles.

Publicité

Half the money I spend on advertising is wasted; the trouble is I don’t know which half.
- John Wanamaker, marchand américain (1838 -1922)

La publicité par internet permet un bien meilleur suivi de ses résultats que la publicité traditionnelle, ce qui aide à identifier les publicités qui ne performent pas et à les modifier/éliminer, à condition de s’en donner la peine et d’utiliser les bons outils.

Si vous dépensez le moindrement d’argent en publicité, faites le suivi de vos campagnes pour mesurer leurs résultats, que ce soit avec Google Analytics ou un autre outil.

Si vous vous annoncez sur des sites PPC comme PriceGrabber, analysez le coût par vente réalisée pour chaque catégorie de produits, ou mieux, pour chaque produit. Vous pourriez ainsi découvrir que certains produits vous donnent de très bons rendements, alors que vous dépensez 400$ en clics pour chaque vente d’un autre produit qui vous rapporte 80$ de marge. Avec cette information, vous pourrez optimiser votre publicité et réaliser de bonnes économies.

N’hésitez pas non plus à expérimenter avec différents réseaux pour votre publicité: Bing est généralement moins cher que Google Adwords/Adsense, alors que Facebook et LinkedIn peuvent être très performants pour certains types de publicité. Expérimentez et mesurez, et vous pourrez ainsi optimiser vos dépenses de marketing.

Frais de traitement de cartes de crédit

Comme vous payez probablement ces frais sur la majeure partie des paiements que vous recevez, il est important de les évaluer. Certains marchands paient moins de 2% en frais, alors que d’autres paient 5% ou même plus. La différence? Le choix du fournisseur, votre volume d’affaires et vos efforts de négociation. Pour plusieurs marchands, PayPal est une option intéressante (frais maximums de 2,9% + 0,30$ par transaction diminuant en fonction du volume de paiements traités). Pour d’autres, il sera préférable de faire affaire avec une passerelle de paiement  (payment gateway) plus traditionnelle. Dans ce cas, assurez-vous de bien comprendre les frais que vous payez à la passerelle et au payment processor qui traite vos paiements, et négociez au besoin. Si vous traitez pour 10 M$ par année de paiements par carte de crédit et que vous réussisez à faire diminuer vos frais de 0,10%, vous aurez économisé 10 000$.

Infrastructure technologique (logiciels et hébergement)

Le marché évolue très rapidement et il est donc utile de réévaluer vos choix de façon périodique.

Logiciels: vous payez peut-être des licences pour des logiciels dont des alternatives moins chères ou gratuites répondraient à vos besoins. Faites des recherches à ce sujet, et évaluez ensuite si une migration vers une de ces alternatives serait rentable. Même si vous ne désirez pas faire de migration, vous pourrez vous servir des informations découvertes lors de vos recherches pour obtenir des réductions lors de vos négociations avec votre fournisseur actuel.

Hébergement: si vous louez des serveurs dédiés, assurez-vous de payer le prix du marché: en un an, ce prix peut baisser considérablement, et votre fournisseur risque de continuer à vos facturer la même mensualité tant que vous ne faites pas de demande de révision. Selon vos besoins, les services de cloud hosting d’Amazon et de Rackspace pourraient permettre des économies.

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J’espère que ces quelques conseils vous seront utiles. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires de ce billet, ou à me contacter. J’offre la première heure de consultation gratuite jusqu’à la fin septembre 2011 et il me fera plaisir de vous fournir des conseils ciblés à votre entreprise sans obligation de votre part.

Je peux aussi prendre en charge la négociation de certains contrats si vous désirez réduire leur coût mais n’avez pas le temps de vous en occuper.

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